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Dream Theater à la salle Wilfrid Pelletier (Montréal)

Dream Theater
Dream Theater © Katumka

L'évolution

Il y a 25 ans émergeait Dream Theater sur la scène metal progressive. Nourris par le rock puissant et inspiré de King Crimson, Deep Purple, Led Zeppelin, Kansas, Yes, Pink Floyd, puis par le heavy metal de Rush, Iron Maiden ou Metallica, les musiciens surdoués de Dream Theater proposaient alors une musique qui se voulait novatrice mêlant mélodies, virtuosité et metal. De formation musicale ultra complète, ils construisaient leurs morceaux en y incorporant des couleurs tantôt jazz, tantôt classique, sur des structures rythmiques complexes en mesures composées tout en utilisant des mélodies pop qui n’étaient pas sans rappeler la musique des Beatles ou même celle de Toto. Les années 90 donnèrent au groupe des albums sans failles d’une rare intensité créatrice comme Images and Words, Awake, Change of Season, Falling into Infinity et leur chef d’œuvre Scenes from a Memory. Puis à l’aube des années 2000, le groupe effectua un virage plus orienté metal. Les albums sonnèrent encore plus gros mais la magie semblait s’être envolée par la même occasion. Leur musique fût plus lourde, plus démonstrative mais malheureusement bien moins surprenante et novatrice.

Dream Theater
Dream Theater © Katumka

En 2010, Mike Portnoy, batteur emblématique et membre fondateur du groupe, star incontestée des baguettes, bien connu pour sa grosse frappe et son jeu concentré sur la technique, décide de quitter l’aventure Dream Theater. Avec John Petrucci ils apparaissaient comme les leaders et piliers du groupe. Son départ aurait pu ébranler les fondations de ce géant de metal à l’architecture complexe. Qui allait pouvoir s’installer derrière la batterie ? Pour rebondir, le groupe fît un coup marketing malin en réalisant un film intitulé « The spirit carry on » sur les auditions des différents candidats qui allaient remplacer le maître. Le film qui annonce l’entrée de Mike Mangini est d’ailleurs disponible dans la version deluxe de leur nouvel album sorti le 13 septembre 2011, le 11e opus A Dramatic Turn of Events.

Après de nombreuses écoutes, je suis agréablement surpris de la qualité de cet album. Sans jamais égaler la qualité des premières œuvres, ce disque est à mon avis un des meilleurs que Dream Theater nous a donné ces 10 dernières années. Mais l’exercice réel pour ce « nouveau Dream Theater » c’est bien sûr la tournée.

Le concert et le nouvel album

Je me retrouve donc face à ce groupe que j’ai adulé adolescent dans les années 90, mais qui m’a déçu ces dernières années. La salle est complète et tous les sièges sont occupés. Les 3000 fans sont surexcités. Le public est très éclectique et hétérogène : les têtes grises côtoient les cheveux longs d’adolescents. Les lumières s’éteignent et un film d’animation très réussi projeté sur 3 écrans en forme de dé annonce la venue des stars. Tout le monde se lève puis le groupe ouvre le bal avec un des meilleurs titres de l’album : Briges in the sky. Le son est étourdissant et impeccable. Le groupe est en grande forme. Ils n’auraient pas mieux démarré leur concert : le public déjà conquis s’emballe au rythme de la guitare qui tourbillonne, puis les mélodies orientales introduisent les solos très rock qui donnent la part belle au clavier.

Dream Theater
Dream Theater © Katumka

Puis ils enchainent avec These Walls de l’album Octavarium qui est un peu le grand frère de l’album A Dramatic Turn of Events. Les lumières changent et installent un climat d’urgence dans la chaleur des rouges. Sur scène le groupe assure au maximum. Le chanteur James Labrie s’adresse enfin au public et annonce Build me up, Break me down qui déferle de guitares agressives sur un middle tempo lourd et une ambiance de fond quasi électro grâce aux arrangements particuliers des claviers de Jordan Rudess. Ensuite, je redécouvre Endless Sacrifice de l’album Train of Thought qui, mis en scène avec des lumières qui accompagnent le morceau, prend une dimension live franchement plus intéressante que la version studio.

Vient l’heure très précoce du fameux solo de batterie, très attendu de tous et surtout des fans de Mike Portnoy. C’est un peu comme dans une cours d’école, Mike Mangini, détenteur du record de 1247 battements à la minute ( !!!), doit faire ses preuves et montrer qu’il n’a rien à envier aux roulements tentaculaires de Portnoy. Derrière son énorme bloc de batterie, il envoie des rafales de rythmes et de paternes sans jamais perdre de vu son groove et compose un solo qui réussit à ne jamais être ennuyant (ce qui est rare pour un solo de batterie). Le public acclame sa performance et Mangini décroche un sourire sincère en savourant l’instant.

Dream TheaterDream Theater © Katumka

Les musiciens reviennent sur scène et entament un des hymnes instrumentaux du groupe : The Ytse Jam ! Belle surprise pour les fans des premiers jours ! James Labrie revient en avant de la scène et commence à chanter un autre titre rarement interprété en live : Wait for Sleep. Le piano/voix continue avec Far From Heaven. C’est peut être le moment faible du spectacle. De nouveau au complet sur scène, Dream Theater débute le titre le plus prog de l’album, Outcry, sur fond de vidéos de la révolution arabe, puis s’en suit la très efficace On the Back of Angel, première pièce du dernier album qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler Pull me Under. Enfin le groupe va chercher dans son répertoire de la grande époque en enchainant une version musclée de Caught in a Web et le classique Trought my Words/Fatal Tragedy. Ils achèvent leur set avec un autre grand titre de leur derrière album : Breaking all Illusions.

Au moment du rappel je pense encore pouvoir profiter de leur spectacle un bon moment, mais juste après Pull me Under, les voilà qui disent au revoir au public pour de bon. Après 2 bonnes heures de moulinette ininterrompue de musique riche et dense, je me dis finalement que j’ai eu ma dose et que j’en ai pris plein les mirettes et les oreilles.

En conclusion de ce spectacle, je ressors de la salle avec le sourire en étant réconcilié avec Dream Theater. Beaucoup de titres du dernier album ont été joué ce soir et je m’aperçois même qu’il manque la très bonne Lost Not Forgotten. Il y a des concerts où l’on attend les titres plus anciens pour retrouver la magie qui nous a tant plu par le passé. Dream Theater fait parti de ces groupes. Mais A dramatic Turn of Events est si bon qu’on prend autant de plaisir à écouter les titres récents que les anciens. Le visuel fût magnifique et le son vraiment très bon. Quant à Mike Mangini, il a prouvé largement qu’il avait sa place au sein du groupe. Son jeu plus souple laisse plus de place aux musiciens et à la mélodie. Fan de la première heure, je constate que le Dream Theater de maintenant a évolué dans un style plus rock et rentre-dedans, qu’il suffit simplement d’accepter sans toujours le comparer à leur période de grâce des années 90.

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bobby the snake
Le 20/10/2011 10:27
je n'ai jamais vu Dream Theater, simplement failli une fois. quand j'étais plus jeune j'étais fan, maintenant un peu moins mais ce qui est sur c'est que le spectacle doit être grandiose.. votre article est sympa
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